dimanche 11 mai 2008

Film cochon

Suite à la projection de « L’Auberge rouge » (1923) de Jean Epstein

Jean Epstein
Cinéaste et théoricien français (Varsovie 1897 - Paris 1953). Artisan de l' « avant-garde française », précurseur de plusieurs mouvements, il n'a cessé de réinventer un langage (dilater le temps ; atteindre, au-delà des apparences, la réalité des êtres et des choses) et a réalisé notamment : Cœur fidèle (1923), la Chute de la maison Usher (1928), Finis Terrae (1929).
© Larousse-Bordas 1998


Voir « La Glace à trois face » (1927) :
http://www.ubu.com/film/epstein.html


Voir « La Chute de la maison Usher » (1928) :
http://www.archive.org/details/FalloftheHouseofUsher1928Chute

Lire quelques ouvrages de Jean Epstein :
http://classiques.uqac.ca/classiques/epstein_jean/epstein_jean.html
Les textes (Le cinéma du diable, Le monde fluide de l’écran, L’intelligence d’une machine) sont téléchargeables librement.

Souvenirs de tournage



Pendant le tournage du court-métrage 2008

Poil de Carotte


Il y a longtemps qu'on ne vit pareille émotion à une séance de présentation. Les moins sensibles y allèrent de leur larme et les malheurs de Poil de carotte si admirablement exprimés par André Heuzé remuèrent profondément la foule des spectateurs.
Ce n'est pas, comme souvent en pareil cas, un succès de mauvais aloi ou trop aisément obtenu. En transportant à l'écran ce chef-d'oeuvre de pitié où nous trouvons outre le grand talent l'âme généreuse de Jules Renard, Julien Duvivier savait qu'il entreprenait une chose malaisée. Le roman n'est qu'une page de vie, de vie douloureuse, entre trois caractères fortement accusés, l'enfant martyr, le père brave homme indifférent, la mère acariâtre et brutale. La pièce où Suzanne Després fut sublime, n’a pas plus d'intention anecdotique. Comme on dit en langage cinégraphique : il n'y a pas de scénario. Julien Duvivier sans sortir du cadre de l'œuvre littéraire ni de son esprit, en composa un singulièrement émouvant. Il fit un film d'un simple thème dramatique, d'un simple énoncé de caractères. Et c'est parfaitement réussi.
La mise en scène de Julien Divivier situe dans une juste atmosphère les diverses péripéties de cette tragédie familiale et bourgeoise. Les décors, mille détails d'existence commune, les choses, les gens et les bêtes, tout s'anime pour constituer une vaste fresque vivante dont le principal charme est la simplicité. On a ri à certains détails pittoresques, on a pleuré à d'autres pathétiques et les mots d'observation reproduits d'après le texte de Jules Renard ont eu leur part du succès.
L'interprétation accentue le caractère de vérité du film, Henry Krauss est un M. Lepic d'un parfait naturel. Il a atteint dans sa scène de fureur, quand il apprend l’inconduite de son fils aîné, le plus haut tragique.
Mme Barbier-Krauss a composé une silhouette de Mme Lepic toute en angles et en rudesse. Elle s'est fait une âme sèche correspondant à un visage rébarbatif.
Poil de carotte, c'est André Heuzé. Malgré nous, nous pensions à Forest dans Visages d'enfants. André Heuzé a interprété et joué en grand artiste et ses désespoirs de pauvre petit qu'on n'aime pas nous ont émus aux larmes.

Poil de carotte,
Cinéa-Ciné-pour-tous, n° 54, 1er février 1926

Impro



Des Musiciens improvisent après une projection

Entretien réalisé, en avril 2008, par Pascal Raynaud, responsable de la programmation de l’Auditorium de Louvre avec Jacques Poitrat, chargé de mission Arte France, producteur exécutif du projet Intolérance 2007

– Comment est né le projet de re-production d’Intolérance ?

C’est en mai 1996 que j’ai retrouvé Jacques Robert (†1997), compagnon de route de la Quinzaine des Réalisateurs et du Festival Cinématographique International de Paris. Représentant en France de Raymond Rohauer (†1987), après avoir présenté en ouverture du Festival de Cannes 1982 la première restauration d’Intolérance, ils avaient, avec le concours de Patrice Chéreau et Catherine Tasca, alors à la direction du Théâtre des Amandiers de Nanterre, commandé, en 1985, à Antoine Duhamel et Pierre Jansen une partition originale pour ce monument du cinéma. Leur Suite symphonique pour Intolérance avait alors, grâce à l’Orchestre National d’Île de France, bénéficié d’une prestigieuse série de ciné-concerts : Les Amandiers, Avignon, Villa Médicis, etc. Depuis peu en charge du Muet du Mois sur Arte, et soutenu en cela par Pierre-André Boutang, j’ai engagé des pourparlers en vue de l’enregistrement de cette merveilleuse oeuvre avec une ambition : l’adaptation de la composition de nos deux grands compositeurs français à la reconstruction réalisée en 1990 par le Museum of Modern Art de New York.

– Quelles en ont été les principales étapes ?

J’ai rapidement pris connaissance de ce qui allait devenir ma bible : l’article de Russell Merritt[i]. Il en ressortait que la meilleure option serait de travailler sur la version dite « Venezuela ». J’ai donc demandé au Danish Film Institute l’accès à la copie nitrate #3, teintée, de 1917, en provenance, en 1954, de la Griffith’s Collection conservée à la Lloyd’s Storage Company, via la George Eastman House. C’est seulement en avril 2005, grâce à Andreas Schreitmüller, que le projet est devenu officiellement un projet Arte, avec diffusion en « prime time ». Entre temps, diverses options, tant de version que de technologie mise en oeuvre, avaient été abandonnées. Finalement, grâce à l’association du Danish Film Institute et de ZZ Productions, avec le concours de DIGimage et l’indispensable participation d’Arte France et de l’ONDIF, c’est la version « digitalcinéma » de Suite symphonique (version 2007) pour 1917-Director’s cut de DW Griffith’s Intolerance qui a été présentée en première mondiale en pré ouverture de la 64e Mostra de Venise à l’automne 2007, avant d’être diffusée en « prime time » le 11 septembre 2007, sur Arte[ii].

– Quels critères ont guidé le choix des teintes ?

Alors que la cadence du film a finalement été uniformisée à 18 images par secondes (comme à la prise de vue, excepté, en partie seulement, pour la « Modern Story », The Mother and the Law) et que les cartons intertitres ont tous été restaurés à l’identique et normalisés, seules les teintes ne peuvent être intégralement dites d’origine (ce qui est rarement le cas). À notre plus grand regret comme à celui de nos amis danois d’ailleurs, aucune trace des teintes de la copie nitrate de 1917 n’avait été conservée après sa sauvegarde en 1960. Ma première démarche a consisté à tenter (le plus souvent en vain) de retrouver dans la densité des gris des images 2K des équivalences entre les séquences teintées. La comparaison de diverses versions accessibles n’apportant pas d’unicité, et l’usage de teintes affadies ou virées (courantes dans les copies sauvegardées sur la base de la version de 1926) n’étant pas envisagé (bien au contraire, la chroma des teintes d’époque a été recherchée), j’ai donc envisagé les couleurs en me référant au texte de D.-W. Griffith : « I do not believe that the reproduction of natural colors is often desirable… »[iii].

Intolérance sera présenté, par l’ONDIF, en ciné-concert, au Théâtre du Chatelet, le 26 janvier 2009.



[i] - Russell Merritt, « D. W. Griffith’s Intolerance /

Reconstructing an Unattainable Text », Film History,

1990, Vol. 4, pp. 337-375

[ii] - 340 970 téléspectateurs français (et 71 000

allemands) l’auraient regardé (Source : Médiamat /

Mediamétrie ; cible 4 ans et plus)

[iii] - D.-W. Griffith, « Written on the Screen », The

New York Times, 10 déc. 1916

samedi 10 mai 2008

La chorale de Saint-Laurent

Quelques photos en vrac (9 et 10 mai)

Festival "off"


Du coté des projections en Super 8

A la source

Interview de Sylvain Airault qui nous raconte les débuts du festival

Sur internet...

Pour voir ou revoir des quelques classiques du cinéma d'avant-garde (muet et parlant), dont des films de :

Jean Epstein La glace à trois faces (1927)
Luis Bunuel Un chien Andalou (1929)
René Clair Entracte (1924)
Dziga Vertov Kino Eye (1924)
Germaine Dulac La coquille et le clergyman (1926)

sur UBU web

Plans Lumière

Nous avions initié l'an dernier une collaboration avec la CUMAV65 et le lycée Pierre Mendès-France de Vic-en-Bigorre. Nous renouvelons cette année l'expérience en proposant à des lycéens de venir vivre le festival avec une caméra à la place des yeux.


Série de films à la manière de...

Ticket jaune

vendredi 9 mai 2008

Préparatifs

Galerie de portraits


Des visages dans la foule


Encadré

Filmé pendant l'apéro d'ouverture

PAUSES/POSES


L'ATLANTIDE

Suite et fin du programme de la journée par la projection d'un film de Jacques Feyder, "L'atlantide".
En exclusivité pour vous...une interview de l'actrice principale, Mlle Stacia NAPIERKOWSKA, qui relatait le making of du film au retour de son expédition cinématographique dans le désert.


Pour tourner le film de l’Atlantide quand nous sommes arrivés à Alger, nous ne nous attendions guère à ce que les costumes de scène, ne fussent pas réussis, et pendant les quatre jours que nous y passâmes, tout d'abord il fallut se hâter d'en improviser de nouveaux. C'est-à-dire que le temps nous manqua pour visiter la ville... Toutefois, à côté d'Alger-la- Blanche que les touristes les plus blasés ne se contentent point d'admirer, mais en quelque sorte d'épouser de leur enthousiasme, je me suis rendu compte qu'il existait une Alger noire, beaucoup moins connue et bien moins vantée, Alger-la-Noire, qui n'est pas autour de la Kasbah, mais sur le port, tout au long de la côte qui s'étend du hameau de Charles-Quint à l'arrière-rade de I'Agah, et dont la limite est le cap Matifou. Dans un très beau livre récent, Sarati-le-Terrible, M. Jean Yignaud a brossé de sa main de maître le tableau d'Alger-la-Noire, et sa fresque des “mangeurs de Cardiff” peut supporter les plus puissants parallèles, aussi sombres qu'ils soient. Alger néanmoins demeurera, dans mon souvenir enchanté, la cité radieuse, toute de lumière et de soleil.

Nous n'avons pas tardé à nous embarquer pour Biskra sous le plus étincelant des ciels africains, et le jour de repos que nous y avons pris était vraiment gagné. On ne s'habitue, en effet, que peu à peu à cette température, tantôt pesante comme une chape de plomb sur les épaules, tantôt alanguissante comme un bain tiède. Et l'on comprend fort bien que le séjour climatérique dans ces régions ne soit supportable qu'aux nerveux calmes, c'est-à-dire à ceux dont la volonté n'est pas à la merci d'une longue fatigue.
De Biskra, nous fûmes à Touggourt, et c'est là que débutent réellement nos heures d'Afrique. Pendant deux mois, lorsque les travaux de la mise en scène nous en laissaient le loisir, nous avons parcouru le bled sous un soleil régulièrement torride, le bled qui résume la terre d'Afrique en son essence, comme la steppe résume la terre de Russie dans son aspect général. Seulement, la steppe russe est parfois changeante, ses hautes herbes où peut facilement se dissimuler un cavalier sur sa monture s'entrecoupent d'étangs ou de marécages, comme de clairières d'eau où un morceau de ciel gris se répercute ; tandis que le bled est morne, régulier, nu, terriblement figé sous la canicule, émouvant de désolation et de silence, à l'heure où le soleil effroyable l'accable.
Dès le “moghreb”, nous nous dégourdissons de ce demi-sommeil où vous plonge l'incessant éclat de la lumière qui, vers cette heure, décline et referme son éventail de couleurs pour ouvrir celui de ses nuances. Tout à l'heure c'était une intensité de palette rappelant un Delacroix, maintenant c'est une défaillance à la Whistler. Le ciel se fane comme un champ d'anémones, on écarte les tentures encore brûlantes, on se soulève de la natte de raffia où l'on n'a pas toujours eu l'occasion d'ajouter quelques coussins confortables. Le repas du soir est pris rapidement, - les mets n'invitent guère à s y attarder, - et l'on aspire, à la tombée de la nuit comme à une halte au bord d'une source pour étancher sa soif. Encore, les sables ne perdent-ils que graduellement leur ardeur de réfraction, et les promenades à cheval ne sont-elles agréables qu'à partir de dix heures du soir.

Alors, nous errions de longues heures parmi les palmeraies dont la végétation semblait métallique sous les nuits claires.
Pour ma part, j'aurais préféré vivre là-bas tout-à-fait en nomade. Nous logions dans une auberge qui était fort primitive ; l'ameublement était de fortune autant que d'infortune, le ravitaillement des plus sommaires. Heureusement que se trouvait non loin de là une soute d'épicerie que nous avons à, peu près dévalisée de toutes ses provisions de conserves et où, finalement, nous avons pu prendre, en quelque sorte, pension.
Les jours de festin, c'était le souper dans les palmeraies avec les spahis et le tableau ne manquait pas de relief, avec la lueur des torches profilant des silhouettes fantastiques au milieu des plats de couscouss ou de meschoui. De ces repas rustiques, j'emporte un excellent souvenir. Les gandourahs semblaient des ailes brusquement déployées vers le large, car les sables sont un océan qui ondule comme la mer ; seulement ses vagues sont les dunes.

Notre séjour dans le massif de l'Aurès fut beaucoup plus divertissant. Une espèce de petite diligence nous conduisit jusqu'à un poste de relais où nous attendaient des mulets pour nous rendre à Tommassine. Et nous faisions de courtes stations dans les petits pays jalonnant notre itinéraire. Les agglomérations indigènes sont clairsemées comme un troupeau qui court... Ce que nous rencontrions, c'étaient des camps de soldats, de nègres, et Sénégalais et d'Arabes.
À Tommassine, nous logions chez le maire qui possédait une sorte de vieux gourbi, moitié masure, moitié café maure, avec quatre pièces dites chambres et une salle de réfectoire. Les soldats indigènes s’y réunissaient vers le soir et c'étaient des enfantillages à n'en plus finir, ainsi qu'en sont capables les populations restées jeunes, en marge de la civilisation ambiante.
L'épisode le plus caractéristique de ces heures d'Afrique est sans contredit celui de ce bandit dont la tête avait été mise à prix parce qu'il razziait toute la contrée. Ce n'étaient que meurtres, pillages et saccages, et toute la région de l'Aurès était la proie de ce brigand, à la fois bourreau et bienfaiteur, car il gardait de vieilles habitudes ancestrales, luttant contre les uns pour nourrir les autres, affamant certaines tribus pour en ravitailler d'incertaines.

Nous demeurions à proximité d'un camp sénégalais sur un contrefort dont les noirs occupaient le bas, tandis qu'un oued à moitié desséché traînait ses maigres eaux de juin vers l'horizon désertique. Un jour, à l'entrée de ce petit village, qui ne comptait pas 1.200 habitants, des coups de fusil retentissent. Dans ces pays l'on n'y prend pas garde généralement, tant la chose est fréquente. À la troisième détonation cependant, nous sortons et voyons arriver un Arabe avec une carabine :

- “Je viens de tuer ma femme et son amant, dit-il, c'est fini.”

Aussitôt des cris de s'élever de toutes parts, assez semblables au vocero corse. Les pleureuses même se préparent à venir. Nous, nous laissions entraîner par les rumeurs et nous fûmes bientôt en face d'une hutte où une femme se lamentait et se convulsait de douleur : elle portait quatre blessures, deux aux jambes, deux dans le ventre. Les balles extraites, selon la coutume indigène, on avait mis de la terre sur les plaies, jusqu'à ce qu'un médecin eût été appelé. Les convulsions de la femme s'expliquaient d'autant mieux qu'on avait ensuite versé de la teinture d'iode sur ses blessures et qu'elle était dévorée de souffrance. Quant à l'amant, il avait été abattu de deux balles dans la nuque, on l'avait retrouvé sur une tombe du petit cimetière voisin.

Le lendemain, nous ne fûmes pas peu surpris de reconnaître, dans un indigène qui jouait de la derbouka avec une étonnante tranquillité, le meurtrier de la veille. Il avait tout à fait oublié son forfait, ou plutôt, il considérait que justice était faite et qu'il n'avait plus à s'en préoccuper. À ses yeux, rien de plus légitime. O candeur sauvage de l'âme d'Islam !

La mise en scène de l'Atlantide comportait plusieurs difficultés techniques et pour lesquelles nous nous sommes efforcés de suivre d'aussi près que possible les intentions de l'auteur. Toutefois, nous avons été obligés de nous en écarter dans la représentation du récit, et la scène de la salle de bains, par exemple, a été transformée pour que les spectateurs aient l'illusion d'une réalité aussi picturale que vivante.

Nous n'avons pas procédé, comme dans tel film justement célèbre, à l'a projection visionnaire de l'histoire racontée, mais nous avons remaillé la trame, à seule fin que l'œuvre tout entière soit sans discontinuité.

Cette mise en scène fut, bien entendu, soumise aux conditions atmosphériques ; la plupart du temps, nous étions obligés de créer de toutes pièces un décor où la lumière seule nous était versée à profusion... Car il est des heures favorables à la photographie d'un intérieur, qui seraient funestes à la représentation extérieure, et inversement.
Au point de vue touristique, les facilités de déplacement étaient encore primitives. L'improvisation est souvent nécessaire, et il est indispensable de témoigner d'initiative, d'une certaine souplesse d'adaptation, pour s'assimiler les méthodes (?) arabes.
Cependant, l'Arabe est une nature en profondeur dont beaucoup sont encore à ne point soupçonner la finesse et les trésors de ruse.
Au point de vue « métier », on trouve assez facilement des poudres et des fards dont la composition est moins chimique que celle des produits européens, pourtant plus agréables pour le teint, et il est amusant d'acheter, par exemple, du Khôl dit de la Mecque que l'on nous vend dans de petits sacs de peau de bufflesse si primitifs qu'ils ne sont pas même complètement épilés...

Ajouterai-je, en terminant ces impressions fugitives, que les Arabes étaient fort curieux de la présence d'une troupe de cinéma sur leurs ferres ? Ils s'intéressaient prodigieusement à la mise en scène, regardaient ce qui semblait parfois à leurs yeux une reconstitution des visions coraniques.

Et je n'ai pas oublié ce caïd venu du Sud avec sa caravane et des tapis, des bijoux, des essences rares. Il avait vu la photographie d'Antinéa, vint à l'hôtel où j'étais descendue, et fut désespéré d'apprendre que j'étais partie. La vérité est que je n'étais pas du tout rassurée, malgré les lettres invraisemblables dont il m'avait fatiguée.

Stacia NAPIERKOWSKA.

CHANG

Aujourd'hui, le Festival d'Anères présentait "Chang", un film documentaire de M.C.Cooper, dont nous vous proposons ici une biographie synthétique...


Merian C(aldwell) "Coop" COOPER (1894- 1973)

L'homme qui, avec Robert Bendick, devait co-produire, en 1952, THIS IS CINERAMA, Merian C. Cooper, était réputé dans l'industrie cinématographique pour ses nombreuses audaces et entreprises à risques couronnées de succès.

M. C. Cooper débute comme un innovateur quand, avec son partenaire d'alors, Ernest B. Schoedsack qu'il avait rencontré en Pologne au lendemain de la Première Guerre Mondiale où il avait servi comme lieutenant colonel dans le Kosciusko Flying Scadron, il est l'un des premiers à produire et réaliser des films tournés sur le vif comme GRASS (1925) et CHANG (1927).

De nouveau avec Schoedsack, il est le premier à faire cohabiter à l'écran studio et désert dans FOUR FEATHERS. Il est un pionnier en aviation. Avant que Lindberg traverse l'Atlantique, "Coop" investit dans Pan American Airways avant d'en devenir le directeur (1930-32). Avec Juan Trippe et John Hambleton, il pense qu'il est raisonnable que les avions transportent des passagers au-delà des océans; ils passèrent alors pour de "jeunes fous !"

Au printemps de 1933, il crée avec John Hay "Jack" Withney et son cousin Cornelius "Sonny" Vanderbilt Whitney, la PIONEER Pictures qui signe, le 18 mai 1933, le premier, après Walt Disney, contrat avec "La Kalmus" qui produira en Technicolor : LA CUCARACHA, puis BECKY SHARP de Ruben Mamoulian. Il amène "Sonny" et "Jack" Whitney à miser une fortune, puis persuade David O. Selznick d'essayer le procédé trichrome, ce qui aboutit à l'utilisation de Technicolor lors du tournage d'AUTANT EN EMPORTE EN VENT. L'industrie du cinéma, jusqu'alors réticente, suit.
Il monte le premier show radio avec des vedettes de cinéma (1933) - Constance Bennett, Irène Dunn et Dorothy Jordan - ce que tous les producteurs combattent.
En 1933, encore avec E. B. Schoedsack, il réalise et produit KING KONG, un film qui fait date, entre autres pour ses effets spéciaux.

Il est le premier à faire de la publicité pour un film à la télévision.
Alors que l'on pense que la danse à l'écran c'est dépassé, il crée pour RKO le couple de danseurs Ginger Rogers et Fred Astaire (FLYING DOWN TO RIO, 1933). Il vient de succéder à son ami David O. Selznick à la tête de la RKO avec qui il produira, entre autres, LITTLE WOMAN de George Cukor, LUCKY DEVILS de Ralph Ince, SHE de Irving Pichel et Lansing C. Holden, THE LAST DAYS OF POMPEII de E. B. Schoedsack et aussi THE LAST PATROL de John Ford et THE MOST DANGEROUS GAME / THE HOUNDS OF ZAROFF (Les Chasses du Comte Zaroff) de E. B. Schoedsack et I. Pichel.
En 1936, il devient vice président de Selznick International Pictures.
Après un bref passage à la MGM (1938, THE TOY WIFE de Richard Thorpe), il crée avec John Ford, ARGOSY Pictures, ils produisent neuf films du réalisateur (THE LONG VOYAGE HOME (Hommes de la Mer) - 1940, THE FUGITIVE (Dieu est Mort) - 1947, FORT APACHE (Le Massacre de Fort Apache) - 1948, THREE GODFATHERS (Le Fils du Désert) - 1948, SHE WORE A YELLOW RIBBON (La Charge Héroïque) - 1949, RIO GRANDE - 1950, WAGON MASTER (Convoi des Braves) - 1950, THE QUIET MAN (L'Homme Tranquille) - 1952, THE SUN SHINES BRIGHT (Le Soleil brille pour tout le Monde) - 1953) et, en association avec RKO : ARKO Pictures, produit MIGHTY JOE YOUNG (Monsieur Joe) de Ernest B. Schoedsack en 1949.

En 1956, avec C. V. Whitney, il produit pour la Warner Bros, THE SEARCHERS (La Prisonnière du Désert) de John Ford.
Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, il avait servi comme colonel dans l'US Army Air Corps et fut chef d'esquadrille du Général Claire Chennault en Chine. En 1950, il est élevé au grade de Brigadier Général de l'Airforce Reserve, avant de recevoir en 1952 un Academy Award,Oscar, Spécial "pour ses nombreuses innovations et contributions à l'art cinématographique."


Merci à Jacques POITRAT pour ces précieuses informations...

La première vidéo...

Une organisation bien rodée :


La veille du festival
par aneres_vb